Un projet solaire ambitieux pour sécuriser l’approvisionnement électrique
Le Bénin accélère sa transition énergétique avec le lancement de quatre centrales solaires d’une capacité totale de 62 mégawatts-crête (MWc). Réparties entre Natitingou, Djougou, Parakou et Bohicon, ces installations visent à réduire la dépendance aux importations d’électricité et à soutenir la croissance économique. Un investissement de 45 millions d’euros pour une production annuelle de 110 GWh, attendu dès 2028.
Quatre villes, quatre centrales : une stratégie territoriale
Le projet IPP50, porté par l’État béninois et des partenaires privés, s’appuie sur une répartition géographique stratégique. Chaque centrale, installée dans une ville majeure, permettra d’alimenter localement le réseau national :
- Natitingou : une centrale dédiée à renforcer l’autonomie de la région Nord
- Djougou : une infrastructure pour accompagner le développement économique de l’Atacora
- Parakou : un projet phare pour le Nord du Bénin
- Bohicon : une centrale pour soutenir l’activité commerciale du Sud
Des chiffres clés pour mesurer l’impact
Au total, les quatre sites généreront une puissance de 50 MW en courant alternatif (contre 62 MWc en puissance photovoltaïque brute). Cette distinction technique reflète la différence entre la capacité des panneaux solaires et l’électricité effectivement injectée dans le réseau.
Un financement mixte pour un projet d’envergure
Le coût global de 45 millions d’euros est réparti entre plusieurs acteurs :
- CDC-Bénin et AXIAN Energy : partenaires industriels locaux
- IFC (Société financière internationale) : mobilisation de fonds via le Fonds pour les technologies propres
- Proparco : soutien financier de l’AFD pour le secteur privé
Une collaboration public-privé qui confirme la crédibilité du projet.
Réduction des importations et maîtrise des coûts : les objectifs immédiats
Le Bénin importe actuellement une partie de son électricité, une dépendance coûteuse et risquée. Avec ces nouvelles centrales, le pays vise une autonomie énergétique progressive :
- Diminution des achats extérieurs : une production locale accrue limitera les dépenses liées aux importations
- Stabilité du réseau : une diversité accrue des sources de production réduit les vulnérabilités
Un modèle de production indépendant (IPP)
Le projet fonctionne via des concessions accordées par l’État. Les centrales, développées et exploitées par des acteurs privés, vendront leur électricité à la SBPE (Société béninoise de production d’électricité) via des contrats d’achat d’énergie. Un mécanisme qui mobilise des fonds privés tout en maintenant un contrôle public.
Retombées économiques et sociales : un levier pour la croissance
Les 110 GWh produits annuellement bénéficieront directement à :
- 383 000 personnes : accès renforcé à une électricité plus stable
- Les ménages : meilleure conservation des aliments et confort accru
- Les artisans et PME : réduction des coupures et des coûts
- Les industries : compétitivité accrue grâce à une énergie plus accessible
Un impact environnemental significatif
La production solaire évitera l’émission de 62 000 tonnes de CO₂ par an, renforçant les engagements climatiques du Bénin. Une avancée alignée avec le Pacte national de l’énergie, qui vise 30 % d’énergies renouvelables d’ici 2030.
2028 : L’année du démarrage
Les centrales doivent entrer en service au premier trimestre 2028. Un calendrier serré à respecter pour concrétiser les bénéfices attendus :
- Finalisation des travaux de construction
- Raccordement au réseau national
- Mise en place des mécanismes de maintenance
Les défis à relever
Au-delà de la production, la réussite du projet dépendra de :
- La qualité du réseau de transport : éviter les pertes et les goulots d’étranglement
- La régularité de la distribution : garantir une disponibilité continue
- Les investissements complémentaires : modernisation des infrastructures existantes
Un projet phare dans la transition énergétique du Bénin
IPP50 s’inscrit dans une dynamique plus large de diversification du mix énergétique béninois. Après la centrale d’Illoulofin (50 MW) et les infrastructures thermiques de Maria-Gléta, ce projet marque une nouvelle étape vers une souveraineté énergétique durable.
Une vision à long terme
Au-delà des 62 MWc, l’objectif est de construire un système énergétique résilient, capable de soutenir l’industrialisation et l’emploi. Une énergie fiable et abordable est le pilier du développement économique du pays.
